Cinéma, Toxic, pourquoi pas ??
J'aime le cinéma ou mieux j'aime les cinémas. Pas forcément les salles (à Paris, désormais, en rajoutant une vingtaine d'euros, on peut vivre le film allongé ! ), ce n'est pas ce dont je vous parle.
J'aime voyager avec le ciné. -je me souviens avoir vu, une après midi d'hiver il y a quelques années un film Kazakh, tueur à gages - dépaysement total et être sorti de la salle plein de bonne énergie. Et j'ai plein d'autres souvenirs de films peu connus qui m'ont éblouis.
Je suis client des cinémas argentins, ouzbek, russe, danois, norvégiens, finlandais, italiens bien entendu et d'autres avec des acteurs inconnus mais des histoires qui m'emportent.
C'est avec cet esprit que j'ai découvert hier, Toxic, un film lituanien de Saulé Biliuvaité. C'est une plongée dans la campagne industrielle lituanienne, avec des adolescentes, livrées à elles-mêmes et dont le rêve commun est de faire du mannequinat.
En fait, le rêve ultime, déclamé tristement par le papa dans un troquet sordide, c'est juste l'espoir de pouvoir "sortir de cette galère".
Donc pas joyeuse l'affaire et je n'ai pas été déçu car je suis parti dans des contrées incertaines, avec de jeunes actrices convaincantes, dans un univers parfaitement glauque.
Tout démarre par une partie de basket, dans un terrain vague ou les adultes jouent comme des enfants avec leurs enfants.
Une histoire de vol tourne à l'affrontement puis à la complicité de 2 adolescentes , Marija et Kristina. L'une, grande, belle est boiteuse, l'autre déterminée à dompter ce corps, passeport pour un avenir meilleur. Elles se lient, partagent leurs journées, leurs expériences, leurs errances (huumm le percing sur la langue, dans des chiottes bien crades !!)
Nous sommes avec elles dans cette agence improbable de mannequins, une zone de racket qui vend du rêve à des gamines, désormais ferrées et qui doivent, par tous les moyens, trouver l'argent, indispensable au shooting, seul capable de transformer en femmes ces corps d'enfants.
Le narratif n'est pas la priorité de la réalisatrice qui a grandi dans cette Lituanie post sovietique. Le montage est parfois désarmant, les plans fixes peuvent lasser mais il y a de beaux moments de cinéma et une photo soignée tout au long du film.
Ce n'est pas du cinéma facile mais il y a indéniablement une vraie atmosphère qui se dégage de ce film lituanien.

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