Ce qui nous pendait au nez depuis notre "
remontée magique" dans l'élite -du fait de l'exclusion des Russes et du Bélarus - en 2022 est arrivé.
Nous sommes relégués. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour le hockey français. Je ne fais partie de celles et ceux qui estiment que la défaite peut être salutaire.
Elle dure depuis trop longtemps !!!
Cette descente est périlleuse au regard des dangers qu'elle augure..
Je vous ai déjà fait la liste des futurs adversaires - Kazakhstan, Pologne, Japon, Ukraine et Lituanie -et il ne sera pas facile de remonter dans l'élite.
Et c'est le danger car rester dans la division inférieure aurait des conséquences particulièrement pénalisantes pour le hockey français :
- Perte du statut de sportif de haut niveau pour les athlètes.
- Perte du statut de haut niveau (et des subventions qui l'accompagnent) pour la fédération.
Ce serait un préjudice incontestable pour le hockey français qui n'appartient ni au président, ni au directeur général de la fédération. La lucidité sur le bilan qu'ils présentent devraient les inciter à une grande modestie et à la concertation.
A ce titre, je vous transmets les propositions de Franck Saunier.
Ancien joueurs international, formé à Gap et présent notamment lors des Jeux Olympiques de Lillehammer en 1994, il est l'un des cadres de la société Vert Marine, créée et dirigée par 2 anciens joueurs, JeanPascal Gleizes et Thierry Chaix.
Franck a une grande expertise, près du terrain, sur le milieu du hockey et voici ce qu'il dit :
"Arrêtons de répéter que « le problème, c’est le manque de patinoires ». Bien sûr, nous aimerions tous plus d’infrastructures, mais ce n’est pas l’obstacle principal. La Slovénie, par exemple, compte environ 7 patinoires… et pourtant, elle
forme des joueurs de haut niveau. En France, nous avons plus de 120 patinoires, mais des résultats qui peinent à suivre. Le sujet est donc ailleurs.
Former de vrais entraîneurs français.
Il est urgent que la Fédération investisse dans la formation d'entraîneurs qualifiés et dans le soutien financier aux clubs pour qu’ils puissent recruter des encadrants compétents. Et si les compétences ne sont pas disponibles localement, il faut ouvrir au recrutement d'entraîneurs étrangers mais aussi éviter que nos compétences partent à l’étrangers.
Encadrement qualifié pour les jeunes.
Il faut imposer aux clubs d’avoir 1, 2 voire 3 entraîneurs diplômés pour les catégories mineures. Trop souvent, ce sont des parents non formés qui encadrent les entraînements et les matchs.
Rendre le hockey plus accessible.
Le coût des licences, entre 400 et 800€, est un vrai frein, sans parler de l’équipement et des déplacements. Il faut encadrer les prix, revoir les priorités budgétaires, et trouver des solutions pour baisser les coûts d’accès.
Organiser des rassemblements de proximité.
Les zones ou les ligues doivent organiser régulièrement des stages ou plateaux dans un rayon de 30 km, notamment pendant les vacances scolaires et les week-ends. Certaines patinoires bien situées pourraient devenir des pôles de rassemblement.
Mieux collaborer avec le roller hockey.
Il est temps que la Fédération de hockey sur glace et celle de roller hockey travaillent main dans la main, et non en concurrence. Il y a des passerelles évidentes entre les deux sports pour former les jeunes et développer les talents.
Revoir la carte des zones et des ligues.
Certains clubs doivent parcourir plus de 5h de route pour un match U11, U13 ou U15. Ce n’est plus tenable. Une refonte du découpage géographique est nécessaire pour encourager la pratique et limiter les coûts.
Limiter progressivement le nombre d’étrangers
En D2 et D1, il faut réduire le nombre de joueurs étrangers (4 max) et envisager des restrictions en Magnus dans quelques années. Cela favorisera la formation et le temps de jeu des jeunes Français.
Supprimer les ententes entre clubs pour les mineurs.
Les ententes masquent un manque de recrutement et de formation dans les clubs. Et elles fonctionnent rarement bien sur le long terme. Il faut que chaque club assume ses responsabilités en matière de développement." Franck Saunier.
C'est peu ou prou, ce que nous avions identifié, lors de notre brève candidature fédérale en 2022, avec Jean Luc Blache..On peut rajouter l'utilisation multipliée des surfaces synthétiques pour travailler - 12 mois sur 12 - la technique individuelle, les lancés, les mises au jeu, les gardiens.. Réfléchir à ce que cela signifie qu'être joueur de hockey en France en 2025. C'est quoi le hockey, quels sont les valeurs de ce sport ???
Je le répète, le hockey n'appartient à personne et il serait temps de bien le comprendre !!
Il y a urgence à relancer notre hockey. Le championnat du monde 2028, organisé en France est un cache-misère (au delà du risque financier qu'il représente). Et il faut, dès aujourd'hui, travailler collégialement pour ne pas végéter ente la 20 ème et 25 ème place mondiale.
J'ai couvert 10 JO d'hiver ( notamment Albertville en 1992) et je ne veux pas voir le hockey "risée" de la France lors des JO de 2030.
Nous sommes tous d'accord sur le constat. Maintenant, il faut que la fédération fasse son travail. Malheureusement, 2030 c'est après-demain et c'est presque déjà trop tard pour former des jeunes à temps pour cette échéance...surtout quand on voit les derniers résultats des u18 et des u20.
RépondreSupprimerLa formation est évidemment la solution mais il faudrait aussi imaginer un système où le club formateur puisse espérer "un retour sur investissement". Certains jeunes font tout leur hockey mineur dans un club qui joue le jeu de la formation(il y en a) et puis sont recrutés par d'autres qui ont les moyens de les attirer sans que le club d'origine ne puisse s'aligner ou a minima être récompenser pour le travail accompli. Former, ok mais le nerf de la guerre sans l'argent. Cet effort de formation doit être valoriser.
Faudrait surtout dégager Vert Marine du paysage du Hockey français.
RépondreSupprimerCurieux commentaire..Vous avez sans doute un problème avec Vert Marine, une société sans doute imparfaite, mais qui était propriétaire du club de Rouen pendant 20 ans et qui a donc activement participé au rayonnement du hockey en Normandie. Et, au passage, c'est une société qui a assuré à de nombreux joueurs de hockey une belle reconversion. Donc, même si je ne suis pas au courant de tout, il me semble que s'il y avait plus de société comme Vert Marine, le hockey français se porterait mieux..
RépondreSupprimer