Yorick Treille, entraineur de 'équipe de France , avant le Mondial

 


Je vous l'ai dit sur un post précédent, l'équipe de France de hockey sur glace va disputer les championnats du monde Elite su 9 au 25 mai prochain. 

Pour l'équipe de France, le calendrier est ardu : 7 matchs en 9 jours à l'issue desquels, il faudra assurer le maintien dans l'élite.

Yorick Treille, 44 ans sera pour la première fois "head coach" de l'équipe de France, après l'avoir dirigé lors du dernier tournoi de qualification Olympique où les français ont battu l'Ukraine et la Slovénie mais se sont classés 2 ème derrière la Lettonie.

Treille, une grande famille du hockey français : Yorick a disputé 13 championnats du monde, 2 tournois pré-olympiques, les Jeux Olympiques en 2002, son père Philippe en a joué plusieurs et son frère, Sacha, jouera en Suède son 16 ème mondial !!

Le hockey, on connait dans la famille. 

Yorick, repêché par les Blackhawks de Chicago (7ème tour en 1999 ) n'a pas connu la NHL mais son parcours l'a beaucoup fait voyagé aux Etats Unis, en Finlande, en Suisse, en Allemagne, en Tchéquie, en Autriche avant son retour en France en 2013 comme joueur.

En 2018, il a initié une carrière de coach à Mulhouse avant de partir en Suisse ou il a décroché un titre de champion d'Europe avec le Servette de Genève, club dont il est l'entraineur principal depuis la fin 2024.

C'est un type bien qui vit hockey et que je vous propose d'écouter (de lire quoi..) ses propos, à 2 jours du début du Mondial pour les Bleus :

Bonjour Yorick, tu t'apprêtes a diriger l'équipe de France lors d'un championnat du monde, pour la première fois, déjà quel est ton sentiment ?

C'est un moment particulier car je sais que l'on va vivre une grande compétition. C'est une fierté, un honneur et je le sens avec le groupe, il y a beaucoup d'excitation, un peu d'appréhension avant de commencer. J'ai une position privilégié mais je sais que cela va être dur car on va être confronté à beaucoup d'adversité. Cette année, on va avoir 7 rencontres en 9 jours, ce sera très difficile mais le calendrier est très chargé pour toutes les équipes.

Vous aurez notamment 3 back to back, 3 matchs avec moins de 24 heures de récupération contre la Finlande, la Slovaquie et la Suède. C'est une situation compliquée à appréhender ?

Toutes les équipes ont un calendrier difficile et il faudra optimiser la récupération. On connait ce calendrier depuis longtemps et on a organisé les choses pour faire en sorte de travailler intelligemment sur la durée. On arrive en Suède avec plein d'énergie positive et on va se présenter lors de chaque match. L'idée, c'est vraiment de rester positif, de gagner quelque chose chaque jour. Chaque fois que les joueurs enfilent le maillot de l'équipe de France, il faut gagner quelque chose. Même après une défaite, on peut gagner quelque chose, on peut gagner du respect, "win the day" comme disent les américains. C'est vraiment l'état d'esprit de notre groupe avant le début de la compétition.

Vous avez une poule difficile avec 7 adversaires que personnellement, je classe en 3 niveaux, Canada, Suède, Finlande, candidats au titre ou au podium,  Slovaquie, Lettonie qui viseront les 1/4, l'Autriche, la Slovénie et la France dont la première idée est de rester dans l'élite, es tu d'accord ?

Oui, c'est vraiment ça, on peut dire qu'il y a 3 niveaux pour les équipes mais après il y a la compétition. On commence par la Lettonie et je trouve cela parfait. la Lettonie nous a barré la route vers les Jeux Olympiques de Milan (victoire 5 - 2 des lettons dans le match décisif face à la France. les  français, eilleurs 2 ème de tous les groupes de qualification attendent la décision du CIO. Sil le CIO maintien l'xclusion des équipes russe, les français seront aux JO) . Tous les joueurs qui étaient présents à Riga ont encore cet échec en travers de la gorge et il y aura clairement un sentiment de revanche sur ce premier match. C'est une 2 ème chance qui nous ait offerte contre cet adversaire. L'an dernier, nous avions pris un point contre eux au Mondial après notre défaite en prolongation. C'est possible. L'idée cette année, c'est de se présenter lors de chaque match, quelque soit l'adversaire que ce soit la Finlande ou le Canada. Si on reste disciplinés, intelligents, solidaires, on se donne des chances de gagner quelques chose lors de chaque rencontre comme je te l'ai dit.

Pour ce Mondial, vous serez 4 derrière le banc pendant les matchs. A tes côtés, il y aura Ivano Zanatta, Cristobal Huet et Norm Bazin que tu as connu à Lowell. Comment travaillez vous pendant les matchs?

J'ai la chance de pouvoir compter sur un super staff. Ivano (Zanatta) gère les défenseurs et les infériorités numériques. C'est un type de grande qualité qui a déjà connu des batailles pour le maintien avec l'Italie. Cristobal travaille avec Ivano pour les unités spéciales, notamment sur le jeu défensif. Il y a tant de petits détails et Cristo, avec son immense expérience nous apporte énormément. Norm est avec nous dans un rôle de consultant. Il coache dans le hockey universitaire depuis plus de 30 ans. Le hockey universitaire est souvent à l'avant garde sur le plan tactique. En plus Norm a dirigé des équipes qui devaient parfois lutter avec un peu moins de talent. Il est parfait pour le rôle avec nous. En puis, avec mon parcours, je suis très proche des joueurs que je connais tous depuis très longtemps.,Norm arrive avec un autre regard, sans aucun préjugé et c'est très appréciable. C'est  un vrai avantage pour moi. Sincèrement, on s'entend très bien, on vit très bien.  

On l'a vu pendant les rencontres de préparation (1 victoires en 6 matchs), le hockey international va très vite. Il est essentiel d'être connectés sur la glace. C'est un secteur que vous travaillez beaucoup ?

Je suis d'accord, la notion de connexion est hyper importante dans le sport de haut niveau en général et dans le hockey en particulier car cela va très vite. Il faut bouger ensemble, être en connexion cérébrale, développer des automatisme. La connexion, c'est ce que l'on veut faire lorsque l'on a le palet pour la phases de transition offensives ou lorsqu'on ne l'a pas dans les transitions défensives. En France, on dit que nos défenseurs dont faibles mais c'est trop facile. Un attaquant qui perd un palet au milieu de la patinoire et c'est tout l'équilibre qui est fragilisé. Il faut vraiment que l'on joue avec l'idée permanente  d'être un support pour les partenaires, de pouvoir d'aider les uns les autres. C'est absolument capital dans le haut niveau. On a eu un camp d'entrainement de 6 semaines et ça c'est vraiment super mais nous avons récupéré nos 3 derniers joueurs cette semaine et nous avons notre premier entrainement collectif au complet aujourd'hui. Il faut s'adapter et on s'adapte.

Vouas avez reçu le renfort de Texier qui joue avec les Blues en NHL, de Bosq qui vient de terminer avec Iowa au 3 ème niveau américain et de Tim Bozon,  finaliste du dernier championnat suisse avec Lausanne. Vous avez privilégié l'expérience ?

Déjà, on est content de les récupérer. Ils se joignent au groupe de l'équipe de France car pendant ce Mondial, il nous faudra un état d'esprit irréprochable. Ce ne sont pas 4 individualités mais 4 soldats en plus pour tirer sur la même corde. On sait que nous allons souffrir pendant les matchs et il faudra faire preuve de beaucoup de solidarité. Bien sûr, comme dans tous les groupes, il y a des leaders, Bellemare, notre capitaine et ses 2 assistants, Gallet et Boudon qui représentent la nouvelle génération. il y a d'autres relais, des gars d'expérience. j'ai une confiance totale en ces joueurs mais sur la glace, il nous faudra 25 leaders. Le jeune Théo Besnier, 19 ans, a fait la préparation avec nous. Je n'ai aucun doute sur son potentiel. Il faut désormais qu'il se muscle à tous les sens du terme pour s'affirmer au très haut niveau. La concurrence est de plus en plus vive en équipe de France, Bachelet et Koudri ont montré de très belles choses mais une équipe, ce n'est pas forcément l'addition des 25 meilleurs joueurs, c'est un équilibre et le fait d'avoir déjà vécu un mondial, des matchs très tendus est déterminant pour nos choix. Il en va de même pour nous derrière le banc. il est important que nous restions calmes car on gagne lorsque l'on est calme et organisé. C'est ce que nous voulons transmettre aux joueurs.

Bonne chance à Yorick Treille et à l'équipe de France. 

Pour information, il y a 11 changements dans l'équipe de France par rapport aux derniers championnats du monde. 

Simonsen, Da Costa, Colomban, Claireaux, Bruche, Adamo, Thiry, Chakiashvili, Cantagallo, Avitu et Ylonen sont absents.

Enfin, une statistique qui révèle la difficulté de la tâche qui attend les français.

Entre 2022 et 2024, sur les matchs disputés au mondial, la France en a remporté 4 sur ..28. 

En 2024, Les Français ont battu la Pologne (4 - 2) et pris 1 point (défaite en prolongation (3 - 2) contre la Lettonie

En 2023, victoire contre l'Autriche en prolongation (2 - 1) puis 2 défaites en prolongations contre le Danemark (3 - 4), la Hongrie (2 - 3)

En 2022, Victoires contre le Kazakhstan (2 - 1) puis contre l'Italie en prolongation (2 - 1)



 

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