Le rugby passe (presque) aux 35 heures..

 


Le rugby professionnel a 30 ans cette année. Le bel âge ou, logiquement, on est en pleine santé, on croque la vie. En général.

Oui mais voilà, le rugby pro a 30 ans, pas toujours toutes ses dents ou ses neurones. Le rugby est un sport hyper traumatisant par la violence et la récurrence des chocs, sur les corps, sur les têtes.

A World Rugby, on est bien conscient des problèmes. Plus de compétition, plus de vitesse, plus de kilos et donc forcément plus de dégâts sur les corps..Allo Maman, bobo comme disait Souchon mais cette fois, c'est vrai.

Et World Rugby -qui organise le rugby mondial - dégaine une liste visant à protéger les joueurs, joueuses de la planète ovale :

- Jouer 30 matchs au maximum par saison

-Interdiction de jouer 6 matchs en 6 semaines consécutives

- 5 semaines de repos minimum sans contact entre 2 saisons

- Une semaine de repos après chaque période internationale pour les joueurs (euses).

« Le chemin pour en arriver là a été long, observe sur le site de l'instance internationale l'ancien trois-quarts centre néo-zélandais Conrad Smith, aujourd'hui directeur de l'International Rugby Player Association (IRPA). Ces directives ont fait l'objet de débats intenses, car nous devions trouver un équilibre entre la performance de l'élite et la santé du joueur, d'une part, et les réalités commerciales auxquelles notre sport est confronté, d'autre part. Je pense qu'elles constituent un énorme pas en avant pour le rugby et qu'elles profiteront non seulement aux athlètes mais aussi à l'avenir de ce sport. ».

En France, la Ligue Nationale de Rugby, partie prenante du projet comme la fédération a réagi :

"Ces directives s'appliquent là où il n'y a pas d'accords locaux. Le dialogue social existe dans les championnats français depuis plus de deux décennies. World Rugby reconnait dans le document que les acteurs locaux sont les mieux placés pour définir ces règles de gestion de la charge de travail, avec une procédure de reconnaissance de ces acteurs locaux dont les accords français. ».

En clair, cela ne va pas changer grand chose en France en tous les cas. Le rugby pro restera un monstre à 2 têtes. D'un côté - presque le monde entier - les fédérations ont le contrôle sur l'activité des joueurs et gèrent leur temps de jeu.

De l'autre, France et Angleterre, les fédérations utilisent les joueurs qui sont payés par les clubs et il sera toujours délicat de limiter leur au moment des phases finales. 

Certes, la convention entre la ligue et la fédération encadre l'utilisation des joueurs. 

Dans les clubs, les effectifs sont pléthoriques et autorisent des roulements pour offrir des plages de repos aux joueurs. Mais les saisons sont très longues, usantes. La répétition des commotions, les blessures à répétition sont en quelque sorte des lanceurs d'alerte pour un sport toujours en quête de son modèle économique et sportif.

 



 

Commentaires