TOP 14, poule aux oeufs d'or, vraiment ?


Cela ne vous a sans doute pas échappé. La semaine dernière Antoine Dupont a "rafuté le Salary Cap du rugby" ( 10,7 millions d'euros par club ) - avec 180 000 euros supplémentaires par joueur international - en demandant une hausse ou des aménagements de ce plafond salarial.

Le demi de mélée de l'équipe de France, ainsi que certains de ses partenaires comme Mathieu Jalibert ou Grégory Aldritt, réclament notamment que le droit à l'image des joueurs soient externalisé de ce Salary Cap. 

En clair, si une société veut communiquer sur un joueur, les sommes qu'il recevrait ne serait pas comptabilisées dans la masse salariale du club. Cet aménagement profiterait aux meilleurs joueurs français.

Depuis 2 ans, il existe une lutte dans le rugby français entre ceux qui veulent diminuer ce Salary Cap- de nombreux clubs et Yann Roubert le président de la ligue - et ceux qui souhaitent l'augmenter notamment le Stade Toulousain. 

Il est à noter que les propos d'Antoine Dupont sont arrivés assez opportunément au moment des annonces concernant le projet R360, nouvelle compétition internationale qui promet des salaires importants pour les participants. 

C'est toute l'ambiguïté du rugby français. Les stades sont pleins (16 114 spectateurs de moyenne en TOP 14 la saison dernière), les audiences TV de l'équipe de France en très bonne santé ( 6,9 millions par match contre 4,9 millions pour l'équipe de France de foot), les droits TV du TOP 14 en pleine expansion (113,6 millions par saison actuellement, 139,4 pour la période 2027 - 2031) et pourtant la dette cumulée du TOP 14 approche les 70 millions d'euros par saison.

  • 3 clubs enregistrent une perte entre 119 000 € et 1,9 million d’euros,
  • 4 clubs affichent un déficit compris entre 4 millions et 8,3 millions d’euros,
  • 3 clubs présentent un résultat d’exploitation négatif supérieur à 10 millions d’euros !
Le rugby, c'est sympa mais cela coûte cher notamment à cause de la masse salariale ( le nombre de joueurs nécessaires, près de 50 par équipes). 
Les clubs appartiennent, pour certains, à des investisseurs individuels (Bernard Lemaître à Toulon, Hans Peter Wild au Stade Français ), à des consortiums (Racing 92) ou à des sociétés (Michelin ) pour l'ASM Clermont Auvergne. 
Tous ces investisseurs plaident souvent pour une baisse du plafond salarial, arguant du fait que le rugby français est de loin "le plus gros marché mondial pour les joueurs qu'il n'est pas  challengé par d'autres pays".
De nombreux pays européens souffrent de la richesse du rugby français et beaucoup reprochent aux clubs français de dérégler le marché et de fausser l'équité entre les nations (larges victoires en Coupe d'Europe ou dans le Tournoi).

Tous ces paramètres plaident pour une baisse des coûts..A suivre..


 

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