Il était une fois mes JO : Lillehammer 1994


J'ai une tendresse toute particulière pour les Jeux Olympiques de Lillehammer, cette petite ville d'environ 20 000 habitants qui a organisé l'évènement en 1994.

Lillehammer, à 180 km au nord d'Oslo, en plein cœur de la Norvège, c'est une ville que j'avais découverte en novembre 1993 à l'occasion d'un reportage sur les sites olympiques (ah, Gjøvik et sa patinoire installée... dans une grotte).

Sincèrement, à cette époque, je n'avais pas été transcendé par ce "gros village" avec sa rue principale, une grisaille tenace, une humidité permanente, et je me demandais comment organiser des Jeux dans ce paysage plutôt lugubre.

Puis, le miracle s'est opéré.

Mon souvenir des Jeux de Lillehammer, c'est le froid... et le soleil. Les températures descendaient régulièrement vers les -20°, et je me souviens de ces files interminables de spectateurs, avec leurs cloches, qui allaient vers les sites, notamment de saut à skis.

Une fenêtre de soleil, quinze jours durant, pour illuminer ces Jeux, avec une atmosphère chaleureuse, "olympique", dans ce village.

Le petit s'est fait géant et il y a eu, pendant ces JO, une vraie magie, dans le froid et la neige, pour célébrer l'idéal olympique. On dirait que c'étaient des Jeux à taille humaine, avec des infrastructures de qualité.

Oui, Lillehammer, c'est un souvenir particulier. Nous étions logés dans des sortes d’« algécos », très austères à première vue mais finalement bien pensés et agréables à vivre.

Tout s'est aligné, en quelque sorte.

Sur la glace, en revanche, on était loin des prouesses françaises d'Albertville. À France 2/3 (ça s'appelait comme ça à l'époque, le service des sports ayant préfiguré France Télévisions...), les programmateurs avaient misé sur l'équipe de France, avec deux matchs programmés à 20 heures, en prime time.

Mais sur la glace, en dépit d'un match nul inespéré contre les États-Unis (4-4) puis d'une courte défaite (1-3) contre le Canada, les Français (privés de Bozon, Pouget et Lemoine notamment pendant ces JO) étaient souvent trop dominés pour faire illusion. De fait, les français avaient fait appel à des talent de notre championnat comme Franck Saunier, Benjamin Agnel, Sylvain Girard et rappelé Franck Pajonkowski.

Ils ont résisté grâce à un jeu ultra-défensif mis en place par Kjell Larsson. Lentement mais sûrement, les audiences, un peu décevantes, ont relégué le hockey, et la discipline a perdu des parts de marché aux yeux des décideurs de France Télévisions. Fini la magie d'Albertville...

Pourtant, cette année-là, il y a eu de belles choses dans le tournoi de hockey. La première participation, par exemple, de la toute nouvelle et talentueuse équipe de Slovaquie, avec Šťastný, Pálffy ou Šatan.

Et une finale d’anthologie, gagnée après une interminable séance de tirs au but et le génie de Peter Forsberg, qui a complètement déjoué Corey Hirsch, le gardien canadien. 

Quel match et quelle séance, mes amis ! Pendant les prolongations, une mésaventure dans nos casques de commentateurs : une clé d’ordre, sans doute enclenchée par erreur dans une régie à Paris, et, dans nos casques, au milieu de la foule de cette finale, nous avions deux femmes qui discutaient et s’échangeaient des recettes de cuisine.

Avec Thierry Adam, on a hurlé sur la touche d’ordre pour faire cesser ce retour intempestif, sans succès... On a fini par enlever nos casques pour faire vivre cette finale jusqu’au coup de génie de Peter Forsberg...


Magique, comme ces JO, et une audience exceptionnelle pour cette finale, puisque nous avions fait, pendant trois heures, plus de 27 % de parts de marché, en après-midi, pour une finale entre deux pays étrangers.


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