Les Jeux Olympiques les plus courts de l'histoire
C'est l'histoire d'un très bon joueur de l'équipe de France.
En 1988, Pierre Pousse joueur de centre du Mont Blanc est sélectionné pour disputer avec l'équipe de France, les Jeux Olympiques de Calgary :"c'était géant pour moi se souvent Pierre Pousse. Je n'avais pas été retenu pour le tournoi pré-olympique à Canazei l'année d'avant et ces JO, c'était ma première grande compétition avec l'équipe de France. Je jouais sur la 4ème ligne, au centre, avec Peter Almasy et Franck Pajonkowski, preuve qu'on avait tout de même une équipe solide. Tout se passait bien, j'avais même marqué un but dans une victoire contre la Norvège en match de préparation, à Anchorage, en Alaska"
La suite est moins joyeuse pour Pierre Pousse :
Entrainé par le suédois Kjell Larsson, l'équipe de France termine l'échauffement avant son premier match contre la Suède, au Saddledome de Calgary, le 14 février 1988.
Traditionnellement, cette période de 20 minutes de préparation se termine par un exercice, par lignes, à 3 contre 2.
Pierre Pousse joue cette situation ponctuée par un tir. Le palet ricoche sur la bande et revient près de la crosse de Franck Pajonkowsi. Celui ci, en se retournant tire dans le palet. Le tir est puissant , haut et décalé. Près de la cage, Pierre Pousse regagne le coin et il reçoit le palet, à plus de 100 km/heure, en plein visage. A l'époque, il n'y avait pas de visière. Le choc est brutal, terrible et Pierre s'effondre sur la glace.
A seulement 20 minutes du premier match de l'équipe de France aux Jeux Olympique, Pierre Pousse, 21 ans ne le sait pas encore. Ses jeux Olympiques sont terminés.
Panique, flaque de sang, Pierre Pousse git sur la glace du Saddledome. 38 ans plus tard, il raconte la suite : "On m'a ramené dans le vestiaire et allongé sur une table. je me souviens que le docteur Bichon, qui s'occupait de nous m'a ausculté rapidement et m'a dit :"Pierre, je crois que tu as le nez cassé". Un peu après, on m'a aidé à me lever et je suis allé devant une glace. J'avais une large coupure, trace du palet mais surtout mon nez était totalement sur le côté de mon visage. Je me suis dis, c'est sûr, je crois qu'il est cassé. Puis, j'ai touché mes lèvres, mes joues et je n'avais absolument aucune sensation. D'ailleurs, je n'en ai toujours pas 38 ans plus tard..Puis on m'a transporté à l'hôpital. Dans ma tête, avec le nez cassé, je pouvais continuer les Jeux en portant une visière. On a fait des radios et finalement j'avais le plancher orbital fracturé. Il fallait m'opérer car il y avait un danger que l'oeil ne quitte son orbite. Je me souviens qu'en salle d'attente, je voyais des images du match et de mes copains, j'avais vu le but de Paulin Bordeleau et puis ça s'est gâté, comme pour moi. Ils m'ont opéré en fin de journée et ils m'ont posé une broche, un espèce de clou, avec un bout en caoutchouc qui sortait de ma joue. C'était presque irréel, j'avais le visage vraiment marqué avec les 2 yeux au beurre noir. et un bout de clou qui sortait de ma joue ! Le lendemain, je suis rentré au village olympique et les dirigeants m'ont demandé si je voulais être rapatrié. Je suis resté avec les copains pour profiter des Jeux et des soirées. On était resté jusqu'à la cérémonie de clôture. Je me souviens que l'on avait fait une photo de toute l'équipe de France avec celle d'URSS. En rentrant, je me suis fait opéré pour retirer la broche et j'ai rejoué avec mon club du Mont Blanc. On a été champions de France cette année là, en battant Briançon en finale".
Voilà l'histoire incroyable de Pierre Pousse lors des Jeux Olympiques de Calgary. Des heures et des heures d'efforts, d'entrainements partent en fumée en l'espace d'une seconde, lorsqu'un co-équipier ne règle pas la mire et fait des dégâts...
Pierre Pousse s'est relevé de ce coup du sort. Il a ensuite participé aux Jeux Olympiques d'Albertville (avec un joli 1/4 de finale pour les Bleus contre les Etats Unis) puis à ceux de Lillehammer en 1994.
Dans moins d'un mois, il sera présent aux Jeux Olympiques de Milan en tant q'assistant coach de l'équipe de France féminine. 38 ans après son terrible coup du sort sur la glace de Calgary !

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