TOP 14 : good players, fast rugby… et toujours Toulouse

 

Pendant des années, lors de mes nombreux séjours en Grande-Bretagne ou en Irlande, j’ai entendu cette maxime, inlassablement répétée : « TOP 14, good players, slow rugby ».

De bons joueurs, certes, mais un rugby lent. C’était la marque de fabrique de notre championnat dans les années 2010.

J’emploie volontairement l’imparfait, car cette sentence a vécu. La victoire du Stade Français, hier, sur le terrain de l’Union Bordeaux-Bègles en est une parfaite illustration. Et quel début de match des Parisiens.

Du mouvement, de la vitesse, des prises d’initiative dans un stade comble : on était à mille lieues du « rugby de papa », fait de regroupements à répétition, de mauls interminables et de ballons ralentis à l’extrême.

Le deuxième essai parisien en est l’illustration parfaite. Une pénalité jouée rapidement, un enchaînement limpide : passes après contact, jeu debout, deux temps, ligne droite. Presque le temps de le dire, et les Parisiens étaient derrière la ligne.

Oui, le TOP 14 n’est plus ce qu’il était — et c’est une excellente nouvelle. Une seule constante demeure pourtant : la domination du Stade Toulousain.

Encore un stade comble pour accueillir la Section Paloise, son rugby d’attaque, enjoué, porté par les talents du Béarn : Attissogbé, Arfeuil, Gailleton, Brau-Boirie, Grand Didier. Autant de joueurs ambitieux, impatients de bousculer les stars toulousaines.

Sur le pré, le spectacle fut généreux. Mais les « papas » toulousains ont fini par donner la leçon. Victoire sans appel (59-22), avec 40 points inscrits dès la première mi-temps.

Cette performance dit beaucoup de la force des champions de France. Car Pau a livré la marchandise, avec un jeu d’attaque parfois incisif. Mais face à Toulouse, la densité, la maîtrise collective et la puissance finissent par faire la différence. "So far", le Stade Toulousain est injouable, comme l’a justement résumé le manager palois, Sébastien Piqueronies :
« On a vu un très bon match de Top 14. C’est le point positif. On a mis beaucoup de cœur, mais on n’est pas assez réalistes. Les ballons portés nous ont fait très mal. Force est de constater qu’il y a de l’écart. Cela fait plusieurs années que Toulouse roule sur tout le monde quand il le décide. Cela ne date pas de cette année. »

Le constat est implacable. Castres, Toulon, La Rochelle, l’UBB, le Racing, Pau : toutes ces équipes ont encaissé près de 60 points face à Toulouse.

Voilà le bémol du TOP 14. Le jeu est plus rapide, plus ambitieux, plus spectaculaire. Mais à la fin, c’est toujours Toulouse qui gagne.

PS : Après ce que j'ai vu hier, je mets une petite pièce pour une paire de centre Moefana - Gourgues contre l'Irlande, pour débuter le tournoi. Et ça risque de "décoiffer"...


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