France Suisse demain par Stephane Barin
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Stéphane Barin, actuel entraîneur de l’Hormadi d’Anglet, a vécu une expérience extraordinaire. À 21 ans, il a connu un moment inoubliable !
C’est lui qui a inscrit les deux buts français lors de la courte défaite des Bleus, en direct sur Antenne 2, un samedi après-midi de février 1992.
Avant la cérémonie d’ouverture, les Français avaient disputé leur premier match. J’ai trouvé intéressant de lui passer un petit coup de fil, ce matin, à la veille du premier match de l’équipe de France de hockey aux JO, demain contre la Suisse :
« C’est certain, la Suisse est au-dessus de nous au niveau du ranking. Ils sont plus forts, mais je mets un bémol contre cette équipe parce qu’il a toujours existé une rivalité particulière entre nos deux équipes. On les a bien embêtés parfois, l’inverse est aussi vrai évidemment. On aime les battre, ce sont nos voisins.
On sait que cela sera ultra difficile, qu’il y aura des passages très délicats dans la partie. Historiquement, nous les Français, on est des chiffonniers sur la glace. On se bat sur tous les palets.
La force de l’équipe de France, c’est de plier sans rompre. Dans le hockey moderne, lorsqu’une équipe a les qualités physiques et techniques pour prendre et conserver le palet dans la zone offensive, c’est épuisant pour l’adversaire. On ne peut pas changer, cela devient vite compliqué.
L’idée, c’est d’arriver à frustrer l’adversaire, garder le score le plus longtemps possible, le pousser à forcer le jeu et à prendre des risques pour les contrer. On va faire le dos rond, essayer de coller au score le plus longtemps possible, pour faire déjouer les Suisses, les agacer, les provoquer… »
Stéphane est plus optimiste que moi et j’espère qu’il a raison. L’équipe de Suisse que la France va rencontrer demain est impressionnante, avec de très nombreux joueurs de NHL : Hischier, Fiala, Niederreiter, Josi, Meier, Siegenthaler ou JJ Moser, le défenseur du Lightning de Tampa Bay, prêt pour un tournoi unique :
« L’endroit où j’ai grandi (Bienne) est à moins de quatre heures de Milan. Et c’est encore plus proche d’où ont grandi plusieurs des autres gars de l’équipe. Il y aura donc beaucoup de familles qui vont se déplacer. C’est excitant. Nous allons pouvoir partager l’expérience avec la famille et des amis. Nous avons déjà l’impression que nos matchs seront un peu comme des matchs à domicile. »
Il ne manquait plus que ça : un tournoi presque à domicile pour les Suisses.
Stéphane Barin a vécu un tournoi olympique à la maison. Souvenirs…
« C’est vrai que ce premier match me ramène à 1992. En fait, tu es dans une bulle, joyeuse, presque festive. Je ne me rendais pas compte de ce que je vivais.
On a joué le match contre le Canada juste avant la cérémonie d’ouverture. Je marque deux buts même si on perd le match (2-3). Je marchais sur l’eau. Je me disais que je vivais la plus belle journée de ma vie.
Je n’avais rien changé dans ma préparation. J’avais fait mon échauffement avec Margot et Fab (Pascale Margerit et Fabrice Lhenry). Ce n’était que du bonheur.
Quand on est arrivés à la cérémonie d’ouverture, toute la délégation avait regardé le match. On avait tous des étoiles dans les yeux. Les étoiles, il faut les garder. Il faut se dire que c’est top d’être dans ce tournoi. Il faut se donner pour les copains, pour le maillot, pour ceux qui l’ont porté mais qui n’ont pas la chance de vivre ça. Il n’y a pas de préparation magique et ça passe vite. »
Voilà les souvenirs de "Barinos". Demain, 34 ans après Albertville, il faudra de la volonté, du courage et de la chance aux Bleus pour se mettre à niveau.
Ce sera très compliqué, à seulement 45 minutes de la frontière suisse. Une patinoire hostile, un adversaire hyper talentueux. Il faudra, pour les Français, puiser au plus profond d’eux-mêmes pour se fabriquer des souvenirs pour la vie.
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