L'arrogance des français punie en Ecosse


Une leçon écossaise à Murrayfield

50-40. Sept essais écossais contre six pour les Français (dont trois dans les cinq dernières minutes) : sur la pelouse de Murrayfield, la France a reçu une véritable leçon de rugby.

Les Bleus ont été surclassés dans le jeu par de valeureux et talentueux Écossais, plus engagés, plus inspirés et surtout plus affamés.

L’Écosse, pourtant parent pauvre du rugby mondial avec seulement deux franchises professionnelles – Édimbourg et Glasgow – soit environ 80 joueurs professionnels, dont les budgets n’excèdent pas 8 millions d’euros, a terrassé les nouveaux riches du rugby : les Français et leur Top 14. Un championnat qui rassemble plus de 700 joueurs de haut niveau, avec des budgets au delà des 40 millions d'euros !

 Sans même compter la Pro D2, où de nombreuses équipes disposent de budgets compris entre 15 et 22 millions d’euros.

Le rugby français vit aujourd’hui confortablement grâce aux droits TV, qui dépassent les 135 millions d’euros par an. Mais l’argent ne fait pas toujours le bonheur… ni les victoires.

Car le rugby reste avant tout un sport d’engagement, d’humilité et de combat. Et les Français, persuadés de leur force après trois victoires contre l’Irlande, le Pays de Galles et l’Italie, l’ont appris à leurs dépens.

Incapables d’imposer leur jeu, dominés dans les collisions, bousculés par des Écossais joueurs et entreprenants, les Bleus ont été battus sur l’essentiel : l’envie.

La veille du match, Fabien Galthié, qui incarne parfois cette forme de suffisance française, avait ironisé sur… la taille du vestiaire de Murrayfield :

« C’est le plus petit vestiaire au monde. Ils nous obligent à nous changer dans les couloirs. Ça donne le ton, on sait où on met les pieds. On a beau demander la pièce d’à côté, qui est disponible et qui est normalement l’autre partie du vestiaire, on ne l’a pas. Le vestiaire des arbitres, juste à côté de nous, est plus grand. »

Autrement dit : nous sommes Français, et l’on nous doit des égards.

La réponse de Gregor Townsend, l’entraîneur écossais, n’a pas tardé :

« Les Français ont un staff conséquent, c’est une partie du problème à mon avis. Mais ce n’est pas mon boulot. Je ne pense pas que les joueurs s’inquiètent beaucoup de cela. J’ai été dans beaucoup de vestiaires. Je ne vais pas les nommer, mais on sait lesquels sont petits. Et ça ne dérange pas vraiment les joueurs. »

Avant d’ajouter, visiblement surpris par la polémique :

« Je crois que c’est la première fois que des adversaires se plaignent du vestiaire visiteur publiquement. C’est le vestiaire qu’utilise Édimbourg chaque semaine. Toutes les équipes adverses l’utilisent depuis vingt ans. »

Et de conclure, avec une pointe d’ironie :

« Si ça donne le ton, c’est intéressant… »

On connaît la suite.

Les Écossais ont répondu de la plus belle des manières… à la sortie des vestiaires.

L’équipe de France doit maintenant redescendre sur terre. Car samedi prochain, un match - contre l'Angleterre -reste à gagner pour espérer remporter le Tournoi des Six Nations.



Commentaires