Marty Supreme, cinéma joyeux !


Alors oui, le film de Josh Safdie part dans tous les sens. Oui, il y a des longueurs. Mais "Marty Supreme" assume pleinement son énergie débordante et son goût du chaos.

On y suit l’ascension rocambolesque d’un vendeur de chaussures devenu champion de tennis de table, persuadé d’être promis à un destin hors norme. Un joueur de ping-pong convaincu que le monde finira par reconnaître son génie — quitte à forcer un peu le destin.

Impossible de ne pas penser à "L'Homme de Rio" de Philippe de Broca dans cette cavalcade effrénée. Timothée Chalamet incarne Marty Mauser avec une énergie fébrile et un charme trouble : menteur, manipulateur, séducteur, roublard, égocentrique… un héros dont la morale est simple — la fin justifie les moyens.

Aux quatre coins du monde, dans une quête qui ressemble autant à une fuite en avant qu’à une recherche de soi, Marty traverse un univers saturé d’excès : requins d’industrie, gangsters, femmes infidèles, policiers corrompus, lutte des classes, les Harlem Globetrotters — et même l’ombre des camps de concentration. Un grand film « fourre-tout », spectaculaire, jamais tiède.

De New York City au Japon d’après-guerre, récemment vaincu par les Américains, le film dresse le portrait d’un monde impitoyable où chacun tente de survivre, coûte que coûte. L’après-guerre y devient un terrain de jeu brutal, où l’ambition individuelle se heurte à la violence de l’Histoire.

Le tout dans le New York des années 50, porté par une bande-son résolument années 80 : un anachronisme assumé, un nouvel arrangement avec la réalité.

Marty Supreme ne cherche pas la cohérence parfaite. Il cherche le mouvement, l’élan, l’excès.

Et au fond, chez Marty, la fin — et la faim — justifie toujours les moyens.



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